"J'aimerais qu'après ma mort ma vie fasse une jolie courbe dans le temps."

Jean-Louis Barraut



dimanche 13 février 2011

Envoi postal

Les lettres sont prêtes à mettre à la poste. Les lettres...? Eh! oui. Encore une idée que j'ai osé mettre en oeuvre. J'ai fait une liste des 35 principaux commerces et entreprises de Saint-Bernard et je leur ai envoyé une lettre sollicitant leur générosité pour m'aider à acheter du matériel pour traiter l'eau. J'ai joint une affiche qui explique ce qu'est God's Littlest Angels et le but de cette levée de fonds.

Je commence à trouver que j'ai du front tout le tour de la tête :-) C'est ce qui arrive quand tu as beaucop de temps pour penser. C'est le côté positif de mes traitements de chimiothérapie. Ce congé de maladie forcé me donne l'opportunité de laisser venir les idées et de les mettre en oeuvre. Ce qui aurait probablement été un voyage de visite à mon frère si j'avais été au travail, s'est changé en voyage "d'aide directe".
J'ai hâte de voir si ça va donner des résultats. Mon feeling me dit que c'est plus facile de faire bouger des individus ou des petites communautés que d'essayer de mettre en mouvement de grosses organisations. On n'a qu'à regarder les sommes faramineuses qui ont été collectées et celles qui ont été promises au lendemain de tremblement de terre. Le monde entier s'est mobilisé pour amasser des fonds ou pour en débloquer. Les annonces d'aide se faisaient à coup de millions et de milliards. Mais concrètement, où est tout cet argent? Est-ce de l'argent virtuel? Restera-t-il virtuel à jamais?

Les besoins sont toujours criants en Haïti. Comment se fait-il qu'avec ces milliards disponibles, il y a toujours des millions de gens qui vivent dans des tentes ou des abris de fortune faits de carton ou de bouts de tôle? Comment se fait-il que les ruines s'empillent toujours partout dans les grandes villes et les villages? Comment se fait-il qu'il y a toujours si peu d'accès à de l'eau potable?

J'ai du mal à imaginer qu'avec tous ces millions (milliards) de dollars, on n'a pas trouvé le moyen d'envoyer de la machinerie lourde en quantité suffisante pour nettoyer les décombres. Les armées de partout dans le monde ont les avions-cargo et les hélicotères capables de transporter ce matériel et de le faire fonctionner. J'ai du mal à imaginer qu'on n'a pas trouvé le moyen d'envoyer la machinerie nécessaire pour creuser des puits d'eau potable. Un puit artésien peut fournir de l'eau potable à des centaines de personnes et à la profondeur à laquelle on va chercher l'eau, celle-ci est quasiment inépuisable.

Je sais qu'il est facile de parler confortablement assis dans ma chaise, ici au Québec, mais je crois que j'ai plus confiance dans le petit don, le petit geste qui se manifeste de façon concrète. Je n'ai qu'à regarder comment, en quelques semaines seulement, l'orphelinat GLA a réussi à recueillir près de dix containers de biens courants, seulement en utilisant son réseau de contacts : parents adoptifs, équipes de bénévoles, membres de congrégations religieuses. Ces biens se sont rendus directement en Haïti et même si les délais pour le dédouanement ont été longs, ils ont pu refaire leurs provisions pour l'orphelinat,  faire des distributions massives aux communautés environnantes et aider d'autres orphelinats dans le besoin.

Comme le disait une vieille connaissance : "Il est plus facile de faire changer de direction à une chaloupe qu'à un paquebot". Plus c'est gros, plus la bureaucratie est lourde, plus la chaîne de prise de décisions et de mise en oeuvre est complexe. Et pendant ce temps, les sous donnés par les particuliers aux gros organismes de bienfaisance ou promis par les gouvernements à même leurs taxes, dorment dans des comptes fictifs, et les gens dans le besoin attendent toujours.



1 commentaire:

  1. A true inspirational story, what a remarkable human being , thank you for sharing your heart with the less fortunate and the children of the world!
    with love

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